Courriers d'Athènes

Ce blog présente une sélection d'articles de la presse et de la blogosphère hellénophones traduits en français.

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Le visage hideux de la droite grecque

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85 députés du parti conservateur Nea Demokratia ont déposé un texte qui entend privilégier la « loi du sang » pour entrer dans la police ou dans l’armée du pays. Avec cet amendement, il ne suffira plus d’être citoyen grec pour accéder à ces fonctions, il faudra aussi être de « souche grecque ».  Pour le quotidien Efimerida ton Syndakton, cette initiative raciste révèle le vrai visage de Nea Dimokratia, qui rallie l’extrême droite et affiche son mépris des droits de l’homme et des citoyens.

La quasi totalité du groupe parlementaire de Nea Dimokratia a montré son véritable fondement idéologique, celui d’une droite dure et non repentante, malgré les réactions acerbes de ses partenaires gouvernementaux, en déposant le projet d’amendement relatif aux écoles de la police et de l’armée. Une initiative bien sûr saluée frénétiquement par [le parti néonazi] Chryssi Avgi.

L’ascendance devient désormais un obstacle à l’entrée de citoyens grecs d’origine étrangère dans les forces armées. Un énorme retour en arrière dans le contexte européen, une inspiration malsaine qui exalte des nationalismes moyenâgeux et des ultrapatriotismes rhétoriques et dangereux. La loi du sang est de retour (!), et son caractère nazi donne la chair de poule ; la citoyenneté fout le camp.

Le pays emprunte des routes dangereuses, sur lesquelles paradent en grandes pompes les 85 députés de Nea Dimokratia et les ultranationalistes de Chryssi Avgi. Voilà un gouvernement qui essaye, dit-il, de nous sortir de la crise, tout en nous menant vers une autre crise dangereuse, celle de l’identité. Une initiative totalement anticonstitutionnelle, selon le PASOK, un obscurantisme moyenâgeux pour le DIMAR [Gauche démocratique].

Au même moment, le groupe parlementaire de Nea Demokratia rejetait les trois articles controversés du projet de la loi Roupakiotis, qui devaient donner le droit à la Cour de cassation (Aréopage) et au Conseil d’Etat de réexaminer les affaires de droit civil, suite à une décision de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Il était rejoint par les députés des Grecs Indépendants [droite dure] et de Chryssi Avgi, marquant ainsi la collaboration parfaite de toutes les nuances droitières formant le gris de la droite traditionnelle.

Ce virage à (l’extrême) droite se prolonge même. Dans une lettre adressée au Premier ministre, la Commission nationale des droits de l’homme (EEDA) condamne l’attitude inacceptable, voire détestable, du secrétaire général du gouvernement, Panagiotis Baltakos, vis-à-vis des membres de la Commission, et – surtout – vis-à-vis des droits de l’homme.

Dans l’unique rencontre que les membres de la Commission ont pu obtenir – après maintes difficultés – auprès du secrétaire général du gouvernement, celui-ci leur a déclaré cyniquement qu’il n’était intéressé ni par le travail de la Commission, ni par les droits de l’homme, ni par les obligations internationales du pays dans ce domaine ! A partir du moment où la Commission est soutenue dans sa composition et dans sa structure par le Secrétariat général du gouvernement, cette dénonciation se porte également contre le Premier ministre, dans la mesure où celui-ci, depuis des années, a M. Baltakos pour conseiller juridique. La lettre a été envoyée au Premier ministre il y a deux mois, et n’y ayant pas répondu, il se compromet lui-même, montrant qu’il partage l’indifférence de son conseiller vis-à-vis des droits de l’homme.

D’un pas régulier, le gouvernement montre que son intérêt pour la politique centriste  était un pur artifice pré-électoral. Dans le triumvirat qu’il forme désormais avec les Grecs Indépendants et Chryssi Avgi, il présente son vrai visage : figé, impassible, dur et antidémocratique.  Voilà la droite.

1 Antonis Roupakiotis : ministre de la Justice, de la Transparence, et des Droits de l’homme

Editorial du journal Efimerida ton Syndakton, du 27  février 2013, traduit du grec par AR

Lien vers l’article original : To παγερό προσωπείο της Δεξιάς

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28 février 2013 at 01:06

La police municipale d’Athènes noyautée par Chryssi Avgi

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Babakar Ndiaye, vendeur ambulant sénégalais, est mort le vendredi 1er février près de la station de métro Thisseio, à Athènes, après avoir chuté de plusieurs mètres sur la voie ferrée. D’après les témoignages des personnes sur place, il était poursuivi par des agents de la police municipale. A ce jour, la municipalité dément jusqu’à la présence de ses agents sur les lieux du drame. Aujourd’hui , le syndicat des collectivités locales de l’Attique évoque l’infiltration de la police municipale par des néonazis. Le journal Efimerida ton Syndakton a essayé d’en apprendre davantage.

Des syndicalistes des collectivités locales et des conseillers municipaux d’Athènes dénoncent l’existence d’une cellule organisée de Chryssi Avgi au sein de la Police municipale, avec le nom de code « groupe K ». Une semaine après la mort du vendeur de rue Babakar Ndiaye suite à une course-poursuite dans le quartier de Thisseio, le syndicat des collectivités locales de l’Attique a délivré une annonce féroce, dans laquelle il évoque pour la première fois le nom de la cellule, et mentionne également que lors de l’assemblée de la fédération des policiers municipaux, le 5 février dernier, 15 membres du « groupe K » ont agressé un de leurs collègues qui s’était opposé à eux : « C’est un groupe qui agit avec le soutien de la municipalité d’Athènes, qui jouit de privilèges particuliers, et se spécialise dans des opérations communes avec la Police grecque (El.As.) et contre le commerce clandestin. »

Timide réaction

Pourtant, jusqu’à hier, l’unique réaction à cette dénonciation a été celle de la fédération des policiers municipaux, qui qualifie « d’assertions risibles et fausses » les accusations relatives à ce qui se serait produit lors de son assemblée générale, et qui s’abstient même de commenter l’existence du fameux ‘groupe K’. Pour le reste, personne – ni la municipalité, ni la magistrature – n’a décidé d’enquêter sur cette grave accusation. A partir de là, nous avons commencé hier notre investigation.

Nous nous sommes d’abord adressés au président du syndicat des collectivités locales, Charalambos Vortelinos : « L’incident s’est déroulé exactement comme nous l’avons décrit : notre collègue s’est fait attaquer par des membres organisés de Chryssi Avgi qui ont formé la cellule ‘groupe K’. Aujourd’hui, comme vous pouvez l’imaginer, ce collègue a peur. Chryssi Avgi dispose au sein de la Police municipale d’un groupe puissant, qui peut s’élever à 150 personnes. Ils collaborent avec la Police grecque dans le cadre de patrouilles à pied ou à moto. »

« Nous avons aussi été informés de l’existence d’un tel groupe », déclare Eléni Portaliou, représentante de ‘Ville ouverte’ [un mouvement populaire actif à Athènes]. « D’après les informations dont nous disposons, la Police grecque s’est installée dans un bâtiment de la Police municipale et collabore avec elle. Nous avons également des éléments attestant de comportements violents et de maltraitance envers les vendeurs de rue. »

Un groupe accepté

Les informations fournies hier au journal Efimerida ton Syndakton (Efsyn) par un membre du parti de gauche ANTARSYA sont précises et troublantes : le conseiller municipal Petros Konstantinou nous a envoyé par écrit le profil complet du groupe qui, selon son enquête, fonctionne dans des conditions para-étatiques : « Le groupe a agi pendant longtemps sans que personne n’en ait la responsabilité, comme le veut le fonctionnement institutionnel de la hiérarchie de la Police municipale. Il est clair qu’il a été accepté par l’ancien adjoint compétent et le nouveau.

Dans le ‘groupe K’ se sont associés très majoritairement des volontaires néonazis de Chryssi Avgi et autres fascistes. Il s’agit d’un groupe de Policiers municipaux de la première Division municipale. Il a été fondé juste après le lancement de la campagne du parti d’extrême droite LAOS et de commerçants sous le slogan « STOP au commerce clandestin », campagne qui s’est transformée en pogrom raciste dans [l’avenue commerçante] Ermou, quand des individus armés de bâtons ont attaqué les immigrés. Avec la décision du maire Giorgos Kaminis de procéder à des opérations communes avec la Police grecque (El.As.) « contre le commerce clandestin », s’est formé en interne le ‘groupe K’, avec la participation d’environ 30 individus, qui n’avaient même pas de supérieur hiérarchique au départ. Récemment, ils se sont vu doter d’un superviseur. »

D’après l’enquête de Petros Konstantinou, le ‘groupe K’ s’est formé à partir de volontaires, la majorité des Policiers municipaux ayant refusé de participer aux ‘rafles’.  Il précise aussi que le groupe a été impliqué à plusieurs reprises dans des incidents avec des vendeurs de rue à Thisseio et devant la faculté d’économie ASOEE, et il n’est pas exclu qu’il soit impliqué dans l’affaire Ndiaye : « Si l’on considère la zone d’action de la première division de la Police municipale, qui correspond au centre-ville, et ses connections avec le ‘groupe K’, il est difficile d’exclure cette éventualité. Le passager de la moto de l’agent municipal qui, d’après les témoignages, a poursuivi Babakar Ndiaye, a forcé un autre immigré à acheminer ses propres marchandises pour que celles-ci lui soient confisquées, en le tenant par le col et en le tirant vers le fourgon de la Police municipale.  Un tel recours aux motos dans l’opération de Thisseio ressemble plus aux raids de l’Unité de police motorisée DIAS qu’à des agents chargés de confisquer des marchandises. Qui les a formés pour mener de tels raids ?

Démentis

« Si le service de répression du commerce clandestin est effectivement basé dans la première circonscription, les agents ne sont jamais les mêmes. Il n’existe pas de ‘groupe K’ dans l’organigramme. Nous sommes systématiquement incriminés par Mme Portaliou et par M. Konstantinou. Ils nous ont même traités de meurtriers lors du Conseil municipal la semaine dernière », nous a déclaré Apostolos Kossivas, président de la fédération des agents municipaux. « Je conteste catégoriquement l’existence d’une telle cellule ; il y a 1.000 employés, donc il y a forcément des avis divergents. Quant au syndicat, il fait de telles déclarations car il y aura bientôt des élections au sein de notre fédération ». M. Kossivas souligne qu’il n’a jamais eu vent de l’existence d’un groupe nazi, ni de membres de Chryssi Avgi.

« Je ne peux exclure l’existence éventuelle d’un groupe fasciste, dans la mesure où il y a un parti fasciste au Parlement. Personnellement, je n’ai jamais rien entendu de tel et j’appelle quiconque aurait des informations à ce sujet à nous les remettre aujourd’hui même », a signalé à Efsyn l’adjoint en charge, Giorgos Anagnostopoulos. « Il existe une répartition des devoirs de la Police municipale, et parmi ceux-ci figure la lutte contre le commerce illégal. Elle ne peut interroger ou interpeler des citoyens. Concernant la dénonciation d’intimidations lors de l’assemblée des agents municipaux, il serait inapproprié que l’adjoint au maire se mêle d’affaires internes aux employés. La municipalité est durablement tournée vers la défense des droits de l’homme, et il y a quelques jours, elle a même salué officiellement la manifestation ‘Athènes Ville antiraciste’. Alors je le répète, fournissez-nous des données, vous nous aiderez à juguler ce phénomène. »

La réponse de Kaminis

Nous avons cherché à communiquer directement avec le maire d’Athènes, Giorgos Kaminis. Celui-ci a refusé de faire le moindre commentaire avant la publication de ces dénonciations. Par le biais de son service de presse, il a cependant communiqué « qu’il aspire à la concorde des composantes de l’arc constitutionnel. Les agents municipaux ont suivi des séminaires relatifs à l’immigration, et il a également été demandé à l’adjoint compétent de se montrer strict en matière de déontologie. »

Article paru dans le journal Efimerida ton Syndakton, le 14 février 2013, traduit du grec par AR

Lien vers l’article original : Θύλακας της Χρυσής Αυγής στη Δημοτική Αστυνομία, par Dina Daskalopoulou

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17 février 2013 at 21:29

Mark Mazower sur la montée des extrêmes en Grèce

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L’historien britannique Mark Mazower, professeur à l’université de Columbia et auteur d’ouvrages de référence sur l’histoire de l’Europe et des Balkans, donnait une conférence à Athènes, lundi 11 février, sur « la montée des extrêmes en Grèce ». Voici la traduction de l’interview qu’il a accordée au journal conservateur Kathimerini, quelques jours avant son intervention.

Le débat sur « la montée des extrêmes » en Grèce porte-t-il sur la montée de l’extrême droite, ou bien de l’extrême droite et de l’extrême gauche en même temps ? Décrire l’extrême gauche comme un « extrémisme » dérangerait beaucoup de Grecs.

La caractéristique nouvelle et fortement troublante de la situation grecque est évidemment la montée de l’extrême droite. Son émergence nous oblige à nous pencher sur le problème de la violence, car la violence est sa carte de visite, son mode opératoire, et a été l’instrument de son avènement – je pense notamment à l’incident intervenu avec Kasiadiaris sur la chaîne Antenna l’année dernière [quand le porte-parole de Chryssi Avgi avait attaqué deux femmes politiques en direct à la télévision]. Le fait qu’une violence aussi manifeste et publique accroisse la popularité d’un mouvement est profondément inquiétant pour tous ceux qui pensaient que les souvenirs combinés de la guerre civile et de la junte militaire avaient mené les Grecs à privilégier la stabilité et la démocratie, et à chérir une certaine forme de civilité dans leur vie publique.

Je ne pense pas que l’émergence de Chryssi Avgi soit liée de quelconque façon à l’extrême gauche. Il faut en chercher les causes ailleurs, notamment dans l’extrême délégitimation de toute la classe politique avec la crise, et le discrédit jeté consécutivement sur les acquis de la période de transition post-dictature. On pourrait longuement disserter pour savoir si cette classe politique aurait pu faire plus, en dépit de la crise, pour restaurer sa réputation auprès de la population : je pense personnellement qu’elle aurait pu faire plus, et qu’elle peut encore faire plus. Mais c’est justement parce que l’on connaît une phase nouvelle et plus violente de la vie publique, que j’estime qu’il est difficile de traiter le lancer de molotovs sur la police, et encore moins les attaques armées contre des domiciles, des bureaux ou des boutiques, avec le même type de tolérance, quasi bénigne, qui était habituelle par le passé. La même chose s’applique à la rhétorique politique. La gauche a quelques sérieuses questions à se poser. Quand on recourt à une rhétorique violente – appelant à renverser l’Etat, à l’insurrection, à cibler les collaborateurs – et tirée d’une autre époque, d’une période de révolutions et de guerres véritables, le désire-t-on vraiment ? Veut-on vraiment la guerre ? Et si oui, êtes vous sûrs de pouvoir l’emporter ? Dans le cas contraire, et voilà le cœur du problème, comment parler et penser de manière plus productive des possibilités d’une transformation réelle et radicale du capitalisme, qu’impose l’actuelle crise des institutions  et des idées ? A mon sens, rêver de jouer un quelconque rôle héroïque dans un nouveau 1917 ou 1944, cette fois victorieux, n’est pas une réponse, et il convient de ranger ces dates dans l’histoire et de cesser de les utiliser comme lignes d’action.

Cette discussion est associée à un débat plus large et international, portant sur la question de savoir si le fascisme et le communisme sont en fait similaires, tels deux pendants d’une même médaille. Beaucoup en Grèce jugent cette idée difficile à accepter. Quelle est votre opinion ?

La théorie du totalitarisme s’est développé en Occident pendant la guerre froide et se basait sur le nazisme et le stalinisme. A mon sens, c’était et c’est une construction idéologique qui masque plus de choses qu’elle n’en révèle. Le IIIe Reich et l’URSS avaient certaines similarités, mais de nombreuses différences, plus profondes à mon avis que les similitudes. Pour en venir à la situation actuelle en Grèce, on ne peut aborder cette question particulière sans être conscient que l’accent récemment placé par le gouvernement sur l’ordre et la loi cherche de manière emphatique à souligner ce type de point commun. Il s’agit bien sûr ici d’une stratégie électorale : Nea Demokratia a manifestement besoin d’affermir son image à l’heure où elle applique l’austérité, et elle a besoin de quelque chose de spécifique qui lui permette de gagner du terrain aux dépens des autres partis de droite, et de défavoriser l’opposition de gauche. On néglige deux choses en recourant à une telle stratégie : le problème réelle de la violence policière, notamment dans les grands centres urbains, et le fait que beaucoup dans la gauche dite « anarchiste » ne font qu’occuper des bâtiments vacants – ce qui est peut-être un crime contre la propriété mais pas, selon moi, un acte de violence – ou s’engagent dans des mouvements de protestation légitimes. Je dis tout cela en insistant parallèlement sur la propre responsabilité de la gauche, qui a toléré un certain discours qui légitime l’illégalité.

Les extrêmes sont étroitement associés à l’usage de la violence. En Grèce, il y a eu un vif débat sur la question : d’un côté ceux qui prétendent que la violence est le même mal, quelque soit son origine, droite ou gauche, et, de l’autre, ceux qui pensent qu’il y a dans certains cas des formes de violence « justifiées », par exemple les meurtres de l’organisation terroriste 17 Novembre, qui seraient différentes du meurtre d’immigrés par les néonazis. Dans quelle mesure est-ce valable?

Ma réponse est double. Premièrement, un meurtre reste un meurtre. Deuxièmement, j’estime le combat pour la justice social, et je juge le racisme déplorable, sous toutes ses formes. Aujourd’hui, le défi est de lutter pour la justice social et contre le racisme.

Article paru le 8 février sur le site ekathimerini, traduit de l’anglais par AR

Lien vers l’article original : Mazower on the rise of Greece’s political extremes, par Elias Maglinis

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16 février 2013 at 20:59

Des néonazis allemands au Parlement grec, par The Press Project

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Des néonazis allemands ont participé le 2 février, à Athènes, au rassemblement organisé par Chryssi Avgi pour commémorer « l’incident d’Imia », une dispute territoriale gréco-turque en Egée.  En marge de ce rassemblement, certains d’entre eux ont également visité le Parlement grec. The Press Project détaille le profil de ces « invités ».

indexL’organisation Freies Netz Süd, dont des cadres ont visité le Parlement grec et s’y sont fait photographier avec des membres de Chryssi Avgi, est qualifiée de « néonazie » par des documents du Ministère de l’Intérieur du Land de Bavière.

Sur les photographie (voir lien vers l’article original), d’après les légendes rédigées par le site de l’organisation susmentionnée, on trouve à gauche Sebastian Schmaus, à droite Matthias Fischer.

Tous deux sont également conseillers municipaux du parti radical d’extrême-droite Bürgerinitiative Ausländerstopp (Initiative citoyenne Stop aux étrangers). Le conseil municipal de Munich a récemment voté en faveur de l’interdiction de ce parti local.

Sebastian Schmaus a été condamné (en février 2009) à six mois de prison avec sursis pour conduite en état d’ivresse alors qu’il collait des affiches pour le par néonazi NPD. En 2010, il a été condamné pour violation des droits d’auteur, alors qu’il avait diffusé sur Internet des photos de manifestants de gauche, les présentant comme des personnes recherchées par la police.

En 2010, il a également été accusé d’avoir violemment agressé un cycliste. Il a été innocenté par manque de preuves, mais a été condamné pour la destruction de l’appareil photo du cycliste.

Matthias Fischer a fait 20 mois de prison après avoir été condamné pour incitation à la haine et a également été condamné pour d’autres délits de nature semblable.

Il est le cofondateur du Fränkischer Aktionsfront, interdit en 2004 pour des raisons similaires. Après sa libération, en 2011, des attaques néonazies ont eu lieu contre les domiciles et les véhicules de membres d’organisations antinazies, d’après une publication du site du journal Die Zeit. Il a quitté le NPD en 2008.

Le NPD est considéré comme un parti « modéré » comparé au FNS (Freies Netz Süd).

Article paru le 8 février 2013  sur le site The Press Project, traduit du grec par AR

Lien vers l’article original : Γερμανοί νεοναζί επισκέφθηκαν το ελληνικό Κοινοβούλιο

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16 février 2013 at 19:04

Publié dans Politique, Société

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Communiqué de l’Initiative des travailleurs des médias

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Les mass-médias ont été dans leur majorité les piliers idéologiques de la politique des mémorandums. Au moyen de reportages mensongers et intentionnellement effrayants, ils présentent la politique du choc comme voie à sens unique et calomnient tous ceux qui résistent à la barbarie sociale. Ils fonctionnent comme les porte-parole du gouvernement et font des reportages sur la base d’une inspiration officieusement goebbelsienne. Ils forgent des stéréotypes sur les immigrés, les fonctionnaires, les travailleurs, les syndicalistes, les activistes et incitent à l’automatisme social.

Ces derniers jours, nous avons vécu l’apogée du terrorisme médiatique, comparable aux jours sombres du YENED(1). Ils ont rempli nos écrans de bouteilles de bière vides(2) et ont pris pour cibles les espaces autogérés de la vie sociale pour légaliser la stratégie de la tension de Dendias, ils ont masqué les mobiles et la nature du meurtre raciste perpétré contre le Pakistanais de 27 ans à Petralona, ils ont diffusé des montages vidéo pour traîner dans la boue des députés de gauche et des mouvements sociaux opposés à la commercialisation des espaces libres, ils ont calomnié la lutte des travailleurs dans les transports publics et ont  imposé les méthodes répressives de la réquisition forcée du personnel. Et ils continuent… Les employeurs de la presse, après avoir appliqué le mémorandum le plus dur à leurs employés, veulent protéger l’institution de la peur généralisée et de la paupérisation qu’ils ont créée en dressant des murs face à la société.

Assez. Nous, travailleurs de la presse, n’avons rien en commun avec les grands groupes et les grands journalistes amplement rémunérés et instrumentalisés. Nous ne faisons pas partie de leur coterie et de leurs affaires. Nous avons choisi notre camp. Aux côtés des habitants de Chalcidique et contre les orpailleurs, aux côté des immigrés et contre les esclavagistes, contre les clôtures(3), contre les patrons du travail au noir, contre l’Aube dorée, aux côtés des manifestants et contre la répression, aux côtés des travailleurs des transports en commun, et contre la troïka intérieure et extérieure, aux côtés des fonctionnaires et contre la liquidation du patrimoine public. Nous sommes aux côtés de la société et nous luttons, ensemble, contre le mémorandum, le racisme et la censure.

1- L’une des deux chaînes TV d’Etat autorisés pendant la junte

2- Ces bouteilles, trouvées après l’évacuation d’un squat, serviraient selon l’instruction à prouver « la fabrication d’engins explosifs ».

3 – Clôture métallique élevée sur un tronçon de la frontière gréco-turque.

Lien vers le communiqué original, publié le 27 janvier 2013 : Πρωτοβουλία Εργαζομένων στα ΜΜΕ

Texte traduit par AR

Mourir à Athènes, par Niko Ago

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Après l’assassinat d’un jeune Pakistanais jeudi 17 janvier à Athènes, le chroniqueur Niko Ago évoque l’explosion des violences racistes dans le pays et leur banalisation sociale.

Ecrire après un tel meurtre n’est pas la chose la plus simple du monde. Mais si on ne le fait pas maintenant, alors quand ? « Il nous a coupé la route en vélo, ça nous a énervés et on l’a poignardé dans la poitrine ». C’est ce que l’on apprend des aveux qu’ont fait au juge d’instruction les deux autochtones – comme le veut désormais l’usage pour distinguer « ceux d’ici » des « autres » – qui ont assassiné en pleine rue, à Petralona, Shehzad Luqman, un immigré de 26 ans originaire du Pakistan. Comme s’il s’agissait de quelque chose de tout à fait normal, qui se produit chaque jour ; « si on le fait, pourquoi pas nous ? » Deux « citoyens comme il faut et de bons gars » – l’un était même pompier – qui ont toujours un poignard sur eux, « au cas où », quand ils se promènent à mobylette.

Ce crime avait-il un motif raciste ? Le communiqué de la police ne laisse pas de place au doute. « On a retrouvé à leurs domiciles trois couteaux-papillon, un poignard, une lame noire à poignée spéciale, un pistolet à air comprimé, un poing américain, de nombreux plombs de fusil, deux balles de fusil d’assaut, deux matraques en bois et une fronde, tandis que chez le jeune de 25 ans (l’un des deux agresseurs) on a trouvé 50 tracts électoraux d’un parti politique. Les collègues en charge de ce reportage policier ont précisé qu’il s’agissait de tracts de Chryssi Avgi ; ou peut-être s’agissait-il de tracts antiracistes ? comme l’écrivait fort à propos quelqu’un sur Twitter.

Le nombre de victimes de la violence raciste augmente en Grèce. La rhétorique de la haine est tout simplement acceptée. Dans le même temps, l’Etat, par ses agissements et ses négligences, ne peut freiner cette spirale. Et comme il ne peut l’empêcher, il la précipite, involontairement. Les organisations internationales tirent la sonnette d’alarme mais cela revient à « prêcher dans le désert ». La réputation du pays à l’étranger ne cesse de se dégrader, la vie des immigrés en Grèce se transforme en véritable enfer. Tant que Chryssi Avgi sera considérée comme un parti et non pour ce qu’elle est réellement, et tant que le gouvernement appâtera les petits bourgeois outrés pour préserver leurs voix, le pays continuera de chuter et les mauvaises nouvelles de ce type, malheureusement, se succéderont.

Article paru le 18 janvier sur le blog de Niko Ago et sur le portail Protagon, traduit du grec par AR

Lien vers l’article original : Πεθαίνοντας στην Αθήνα

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22 janvier 2013 at 15:31

Qui était Shehzad Luqman, par Georgia Dama

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Après l’assassinat du jeune Pakistanais Shehzad Luqman, jeudi 17 janvier à Athènes, par deux individus manifestement liés au parti néonazi Chryssi Avgi,  Georgia Dama dresse le portrait de la victime et évoque les réactions dans le quartier de Petralona, où s’est produit le meurtre.

Photo d'identité de Shehzad LuqmanShehzad Luqman est né en 1986. Il vivait en Grèce depuis six ans. Il a été poignardé alors qu’il arrivait sur son lieu de travail – il travaillait sur les marchés. Il partait à 2h30 du matin du quartier de Peristeri, où il résidait, pour arriver une plus tard chez son employeur, à Petralona, pour charger des caisses oranges. 

« Aujourd’hui il n’est pas venu », a signalé son employeur à ses proches, trois Pakistanais avec lesquels il partageait une chambre rue Lachana, à Peristeri. Son colocataire de 25 ans, Omar, indique que Shehzad vivait légalement en Grèce : « Il avait obtenu une carte rose (permis de travail) et un permis de séjour provisoire. Il travaillait sur les marchés depuis le mois dernier. Avant il était gardien de chantier à Aspropirgo [banlieue industrielle d’Athènes]. Le chantier a fermé. »

Il faisait vivre huit frères et sœurs

« Il menait une vie difficile. Il avait huit frères et sœurs. Il gagnait 20 euros par jour et les envoyait au Pakistan pour que ses sœurs puissent se marier. Il disait souvent qu’il n’arriverait jamais lui-même à fonder une famille et à vivre dignement. »

Près de 800 attaques racistes contre des Pakistanais ont été enregistrées ces deux dernières années, déplore Javed Aslam, représentant de la communauté pakistanaise. Il rappelle le dernier incident, survenu dans le quartier de Maroussi il y a deux mois, soulignant que « deux Pakistanais ont été entre la vie et la mort pendant plusieurs jours », et précise que Shehzad est le cinquième Pakistanais assassiné.

Opposition Syriza – ministère de la police

Après la mort du jeune Pakistanais, le Syriza évoque dans un communiqué un assassinat raciste et sauvage, perpétré par des meurtriers d’extrême-droite. « L’éventuelle tentative d’étouffement du caractère de ce crime abominable, avec des arguments préfabriqués destinés à privilégier ‘une altercation’,  ne ferait que charger politiquement mais aussi pénalement ceux qui l’entreprennent ».

Par la suite, le ministère de la Police, par communiqué interposé, a critiqué le Syriza, y voyant une récupération politicienne allant jusqu’à « l’exploitation de la perte d’une vie humaine. Il feint d’ignorer que la police grecque a interpellé les auteurs de ce crime odieux après une forte mobilisation ». Le communiqué précise également que « l’obligation constitutionnelle impose la légalité partout ».

Bouleversés, les habitants d’Ano-Petralona, qui se sont rassemblés hier en fin d’après-midi, ont clairement fait état d’un crime raciste et sauvage, exprimant étonnement et colère : « Le quartier d’Ano Petralona, qui se trouve proche de la colline Filopappou, soutient traditionnellement les partis de gauche.

« Les résidents participent aux mobilisations sociales. Il n’y a pas de cas de violences racistes  dans le quartier », estime Maria Kontoyiorgou, habitante de la 3e circonscription.

Colère à Petralona

Plus de 500 riverains, membres d’organisations antiracistes et politiques, ont participé au rassemblement qui a eu lieu à 18h place Merkouri. « Notre participation au rassemblement est nécessaire car nous ne faisons pas confiance aux autorités », ont-ils souligné. Ils appellent à la condamnation des malfaiteurs « pour que cessent les crimes racistes ».

Dans la manifestation qui a suivi, ils se sont arrêtés à l’endroit du crime et ont distribué aux passants et aux magasins des tracts d’information sur le racisme.

« La manifeste tentative d’étouffement de l’affaire ne réussira pas. Il faut infliger une punition exemplaire aux auteurs de cet horrible crime raciste », déclarent les membres de la section locale du mouvement « Eliminons le racisme ».

Article paru dans le quotidien Eleftheotypia, le 18 janvier 2013, traduit par AR

Lien vers l’article original : Ποιος ήταν ο Σαχτζάτ Λουκμάν

Written by AR

21 janvier 2013 at 18:37

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